La nouvelle loi tue le livre et toute écriture
By ghalem bouha On 5 mai, 2015 At 01:04 | Categorized As Actualités, Editorial, Infos_show | With 0 Comments

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Par Ghalem BOUHA

Encore une fois, ce gouvernement sous la présidence de M. BOUTEFLIKA vient de serrer la vis de la liberté d’expression  par une nouvelle loi adoptée hier par le parlement.

Il s’agit, cette fois du LIVRE. Déjà, qu’en Algérie, on n’écrit pas beaucoup et on lit que très… très peu et le pouvoir rajoute d’autres entraves à l’écriture, la publication, l’édition, la commercialisation et l’importation.

L’article 9, stipule : « Les activités relatives à la publication, l’impression ou la diffusion de livres doivent respecter : «La Constitution et les lois de la République, la religion islamique et les autres cultes, la souveraineté nationale, l’unité nationale, les exigences de la sécurité et de la défense nationale, l’ordre public, la dignité humaine et les libertés individuelles et collectives.» La même disposition interdit la publication de livres qui font l’apologie du terrorisme et du crime, qui incitent au racisme et glorifient le colonialisme. La commission a ajouté à cette disposition la nécessité de respecter «l’identité nationale et les valeurs culturelles de la société».

Avec un texte pareil, Rachid MIMOUNI n’aurait jamais pu écrire « TOMBEZA » ou « L’honneur de la tribu » car que signifie l’identité nationale ? Existe-t-il un texte définissant cette identité ? Que signifient les valeurs culturelles nationales ?

Ou, encore, la religion islamique ? De quel Islam s’agit-il, celui du Coran, des Oulémas venus après, des Soufis, du rite Malékite, Hanbalite, Chafiite ? Celui des Chiites,  Ibadites ou des Ismaélites ?

Avec une loi pareille, toute idée, toute métaphore et toute phrase se retrouve du coup sous l’effet de la censure et de l’interdiction.

Petit-à-petit, Bouteflika à vidé et continue à vider toutes les petites avancées qui étaient contenues dans la constitution obtenue après Octobre 1988. Après la loi liberticide sur les associations, voici, celle sur le livre après celle de la presse et de l’audiovisuel.

Pour ce qui est des partis politiques et des syndicats autonomes, sans passer par la loi, le ministère de l’intérieur légifère en toute autonomie, agrée et refuse ce qu’il veut.

Il est clair, aujourd’hui que le choix porté sur Bouteflika en 1999 par les tenants su système d’alors était prémédité et calculé. Il fallait coute que coute enlever toute idée  de liberté, de critique et d’autonomie à la société civile et politique. Le choix était judicieux.

L’Homme de Boumediene et du parti unique a réussi dans sa tâche : le retour de l’Algérie aux années de plomb.

L’islamisme n’aurait sans pas fait mieux en la matière.

 

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