Obligation de paiement par chèque : Un autre autre point de vue
By admin On 13 juil, 2015 At 08:27 | Categorized As Actualités, Economie, Infos_show | With 0 Comments

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Par Tahar LSW

Éliminer les transactions en espèces dans une économie où les activités commerciales sont en espèces.

La solution requise par notre gouvernement et nos gouvernants est plus que drastique , même contre-productive. Et comme? on est un pays autoritaire et dictatorial, le réflexe primordiale de nos gouvernants est d’interdire quelque chose comme si l’interdiction est une panacée à tous nos problèmes. L’obligation du paiement par chèque dans les transactions immobilières égales ou supérieures à 5 millions de dinars et de véhicules avec un prix de 1 million de dinars et plus, tout cela à partir du 1er juillet, cette solution n’est pas sérieuse et les acteurs économiques trouveront un moyen de la contourner. Pourquoi?

1-Depuis plus de 50 ans, l’Algérie a eu une activité commerciale basée sur les transactions en cash/espèces. Donc il y a un fossé culturel, structurel et institutionnel historique qu’il faut abréger, et une interdiction soudaine, du jour au lendemain, n’abrégera pas ce fossé, mais créera un effet pervers, qui va conduire à plus d’activités commerciales dans l’obscurité et le noir, et loin des institutions de l’État;

2-Notre système bancaire est archaïque et sous-développé. Demander à ce système de gérer du jour au lendemain de grandes quantités de transactions commerciales l’accablera. Il lui faut du temps pour se développer;

3-La combinaison de point 1 et 2 augmenteront la méfiance des acteurs économiques dans le système des paiements par chèques;

4-Le dernier point, a mon avis est le point le plus important,  à développer avec un concept très simple : la liberté. Les gens sont libres de payer en cash, et l’Etat n’a aucun droit de leur interdire de disposer de leur argent avec et/ou dans la manière qu’ils jugent la plus appropriée à eux. Si je veux être payé en liquide, l’Etat n’a aucun droit de m’interdire de le faire. La notion de la liberté ne se limite pas uniquement aux droits civils, elle va bien au-delà;

Alors comment doit-on encourager les Algériens à utiliser les chèques et les banques et pour n’importe quel montant?

1-Il faut du temps. On ne changera pas des habitudes qui ont plus de 50 années du jour au lendemain avec une loi, même si cette loi est bien intentionnée;

2-Il faut bâtir, augmenter, et nourrir la confiance; la confiance dans nos banques, la confiance dans les autorités fiscales, la confiance dans notre gouvernement, la confiance dans le système économique et entre les acteurs du marché. Sans confiance, une économie ne peut pas fonctionner correctement;

3-Il faut mettre en place un système de punition et de récompense; un système qui punit les mauvais comportements et qui récompense les bons comportements. Pour mettre en place ce système, il doit y avoir une plus grande intégration entre notre système bancaire et les autorités fiscales. Pour que cette intégration ait lieu, il faut ramener et faire rentrer notre système bancaire et les autorités fiscales dans le 21ème siècle. A l’heure actuelle, on fonctionne toujours dans un système digne de la fin du 19ème siècle;

4-Finalement, il faut trouver un moyen de  réduire progressivement  le volume de ces transactions à travers le temps sans brusquer les opérateurs commerciaux et tout en leur donnant assez de temps pour s’adapter à de nouvelles mesures en même temps que de nourrir la confiance dans les institutions et les représentants de l’état. Un système qui mixe les comptes à dépôt fiduciaire ou comptes d’entièrement avec un système de taxes régressives avec des tranches d’imposition qui augmentent en fonction de la valeur de la transaction. Ce système combinera le pouvoir de notre système bancaire (toute transaction faite à travers les comptes d’entièrement ou à dépôt fiduciaire sera sujette à un impôt normal d’une valeur minimale) avec les autorités fiscales (toute transaction faite en cash sera sujette à un impôt régressif dont la valeur augmente en fonction de la valeur de la transaction).

Cette combinaison de bâton et carotte/punition et récompense sera en mesure de récompenser les bonnes opérations (transactions en chèques ou virements électroniques ou à travers dépôt fiduciaire), et de punir les mauvaises transactions (transactions en espèces). Progressivement, ces changements institutionnels façonneront le comportement des acteurs commerciaux, et diminueront le montant des liquidités dans le marché, et donneront plus de contrôle à l’état sur le flux de l’argent dans le pays. Tout cela est bien–je dirais même un peu rêveur–mais la condition sine qua non pour que toute reforme fonctionne et aboutisse est la confiance du peuple dans ces représentants et dans les institutions de l’état. Cette confiance n’existe pas au jour d’aujourd’hui parce que l’Algérie est un état militaire dictatorial et autoritaire. Et des reformes sérieuses et profondes ont besoin de l’appui du peuple, de la confiance du peuple, de la participation du peuple, et non pas de la peur du peuple.

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