Basta ….! La littérature contre la violence.
By admin On 26 oct, 2016 At 02:15 | Categorized As Actualités, Infos_show | With 0 Comments

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Par Ghalem BOUHA

La morsure de coquelicot

Après « Virgules en trombes » qui a obtenu le prix de « L’escale littéraire », Sarah HAIDAR publie ce deuxième roman en français 1 où elle confirme encore une fois son inspiration, son talent et surtout un style littéraire avéré qui dénote de l’ensemble des écrits de ses contemporains.

Lire Sarah, c’est pénétrer un monde à la fois réaliste, absurde, surréaliste mais principalement poétique et littéraire. Il n’y a pas une phrase, un paragraphe ou un chapitre où l’on n’est pas fasciné, captivé, envoûté par les mots, les épithètes et les métaphores.

Ses personnages sont des ombres de lumières  qui viennent et qui repartent sans qu’on ne le sache, sans qu’on ne le veuille et sans qu’on ne le comprenne. Sarah maîtrise ses acteurs, elle les fait aimer,  souffrir et mourir. Ensuite, elle les ressuscite pour témoigner, pour rire et pour faire un pied de nez aux autres.

Cet avril, ce mois qui a inspiré Emile ZOLA dans GERMINAL, Sarah lui règle son compte a travers le coquelicot qui cette année ou ces printemps,  est né avec des dents aiguisés pour mordre (d’où le titre) les idées reçues et non reçues, pour interpeller les consciences et notamment pour témoigner à sa manière et  rendre hommage à ses personnages qui, elle seule, connait.

L’auteure du livre a horreur de toutes les chapelles,  singulièrement religieuses et Dieu en prend pour son grade.

Quand ont lit « La morsure du coquelicot », on est tenté d’adopter, de cataloguer ou de mettre Sarah dans une case qui nous accommode mais nenni ! Malgré  de nombreux passages clairement philosophiques sur des questions hautement importantes, il ne s’agit que de proses très décalées où la dérision caresse le beau verbe.

Les mots du sexe, ces tabous maudits, Sarah, les utilise, les instrumentalise,  les introduit à tous les instants, les moments de la vie quotidienne de son monde à tel point qu’ils deviennent des matériaux de l’écriture aussi habituels que les expressions de cuisine ou de politesse.

Contre l’effroi des puissants, des tortionnaires, des bourreaux et des inquisiteurs, Sarah, applique dans ce livre la douceur des mots pour les dénuder, pour les dévêtir à tel point qu’ils apparaissent plus pitoyables que leurs victimes, dans leurs vrais jours, c’est-à-dire, eux-mêmes, englués dans le système de la violence.

Ô ! Ma sœur la Violence ; Ô ! Ma sœur lassitude.
II faut faire l’amour comme on va à l’étude
Les yeux vers les jardins où fleurissent les armes
Des armes, comme une esthétique de la solitude 2
1-Sarah HAIDAR avait déjà publié trois romans en langue arabe.
2-Léo FERRE ( La violence et l’ennui)

Edition APIC 2016

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