Pour avoir planté 2 000 arbres, l’association KHADRA (Temouchent) menacée de dissolution
By admin On 5 juil, 2017 At 01:28 | Categorized As Actualités, Communiqués, Infos_show | With 0 Comments

L’association culturelle et environnementale Khadra de la commune de Sidi Ben Adda wilaya de Temouchent  est appelée à comparaître en justice pour être dissoute suite à la plainte de la même wilaya de Ain Temouchent pour des motifs fallacieux.

En réalité cette association est coupable d’exister en premier lieu, d’être dynamique, de concevoir un programme et de le réaliser, de rayonner au niveau local, régional et même international en second lieu.

Lisez la lettre ouverte ci-jointe et partagez au maximum

Ghalem BOUHA

sidi

 

 

Sidi Ben Adda le 03 juin 2016
A
 Monsieur le Wali d’Ain Temouchent,
Objet : Demande d’audience pour notre association menacée de dissolution
Monsieur le Wali,
Nous avons  l’honneur de nous adresser à votre haute autorité, au nom de tous les membres du Bureau de l’association KHADRA, afin de plaider le cas de notre association appelée à comparaitre devant le Tribunal administratif de Sidi-Bel-Abbès, sur plainte de la Wilaya d’Ain Temouchent, et à répondre des accusations suivantes :
o  L’accueil de Mme Agnès Pérea Besson à Sidi Ben Adda, jugé anormal alors que toutes les formalités concernant son séjour en Algérie ont été observées ;
o  La réception de subventions accordées par le Service Culturel  français, en 2015  et en 2016, celles-ci étant considérées irrégulières : ces aides sont destinées à soutenir notre association pour développer des  activités socioculturelles au bénéfice des jeunes, au même titre que de nombreuses autres associations algériennes. Ce financement  s’inscrit dans le cadre du Document de partenariat entre la France et l’Algérie 2013 – 2017.
o  Des connivences avec  des associations françaises et des pieds noirs en vue de propager  des idées antinationales de tendance « Algérie française » ; il s’agit là de spéculation gratuite et non fondée qui porte atteinte à notre dignité et à notre engagement patriotique. 
Monsieur le Wali,
Nous entretenons des relations étroites de partenariat avec l’APC de Sidi Ben Adda, la Direction de l’Environnement, le Service des Forêts, la Direction de la Jeunesse et des Sports.  Leur soutien moral et matériel  nous est d’un grand apport dans la réalisation de nos actions, et notamment  dans les domaines suivants :
1-       La protection de l’environnement et l’embellissement du cadre de vie ; à ce titre, nous avons organisé des dizaines de journées de volontariat au profit du reboisement, de l’hygiène des quartiers, du nettoiement  des plages avoisinantes. Ces actions ont permis de mobiliser des centaines de jeunes et de citoyens pour ces activités d’utilité publique.
2-       Nous nous impliquons dans la formation de base de la jeunesse ainsi que dans  la promotion des arts et de la culture pour développer le sens civique chez le citoyen, conformément à nos obligations statutaires. Dans nos actions quotidiennes, nous faisons toujours le lien entre le développement des activités bénévoles et la portée éducative de celles-ci lorsqu’elles s’adressent particulièrement aux jeunes.
3-       D’autre part, nous offrons aux jeunes des activités éducatives et récréatives, enrichissantes, leur permettant de mieux comprendre le contexte dans lequel  ils vivent, mais surtout d’aimer leur patrie et d’en être fiers.
Pour relever ces défis, l’association a besoin de moyens pour aménager ses espaces et réaliser son plan d’action. L’immensité des besoins et l’ampleur de la tâche nous amènent  tout naturellement à nous diriger vers les donateurs publics, privés, et/ou étrangers. C’est dans cette optique que nous avons  sollicité le Service culturel français et la DJS, lesquels ont répondu favorablement à nos demandes.
 
Sur un autre plan, une amie de l’association, Mme Agnès Pérea Besson, native du village, comédienne et femme de théâtre, s’est proposé d’apporter sa contribution spécifique à la réalisation du projet culturel de l’association KHADRA : créer une troupe et monter une pièce de théâtre qui soit en rapport avec les préoccupations environnementales de l’heure. L’association a trouvé l’idée intéressante et a adhéré pleinement au projet. Et l’aventure a commencé : une année sabbatique pour Agnès, 4 mois d’adaptation de textes et de préparation des accessoires en France, 5 mois de répétition et de filage, et la représentation de la pièce « Amir Saghir » fut donnée à  Sidi Ben Adda le 23 décembre 2016. Elle n’a pu l’être à Temouchent, à notre grand regret, alors que les invitations avaient été lancées, avec l’accord  de la Direction de la Culture.  Faut-il ajouter également que ce Conte universel  est au programme scolaire dans l’Ecole algérienne ?
Association intervenant dans le champ de l’environnement, nombreux ont été ceux qui nous ont interpelés sur notre rapport au théâtre. Et pourtant, la réponse est toute simple : à quoi bon s’éreinter à faire du nettoiement si le comportement des citoyens ne changeait pas ? S’ils continuaient à salir et à jeter les déchets sans respect pour l’espace public ? Il fallait donc agir autrement et investir dans la conscience des gens, et particulièrement dans celle des plus jeunes. Car si les adultes refusent de changer, par étroitesse ou par habitude, il nous fallait impérativement aller vers les enfants, les intéresser par les activités ludiques et culturelles qui les fassent rêver et entrevoir l’avenir sous des auspices merveilleux et enchanteurs. Le petit Prince de St Exupéry le permet et Agnès nous a offert cette opportunité de lier intimement environnement, citoyenneté et évasion.
La pièce a été jouée en français par 11 comédiens amateurs dont 9  adultes, membres actifs de l’association. Les rôles du Petit Prince et de la Rose ont été merveilleusement interprétés  par 2 enfants. La pièce a été traduite en langue arabe  et devait être interprétée par de jeunes collégiens ; aujourd’hui, l’apprentissage se fait au ralenti, étant donné le malaise que traverse l’association.
Monsieur le Wali,
Tout dernièrement, en avril 2017, nous avons assisté à une rencontre d’information, organisée sous l’égide de la Direction de l’environnement, et où les représentants de la Coopération Technique Belge ont exposé aux associations présentes les grandes lignes d’un programme  ayant trait à l’intégration de l’environnement et à l’éducation environnementale. Pour KHADRA, c’était une opportunité à saisir pour renforcer nos capacités d’intervention, et pour contribuer à la formation et au mieux-être des fellahs de notre commune, notamment ceux vivant dans la précarité. A la demande de la Directrice de l’Environnement  qui nous a encouragés à soumissionner, nous avons formulé 2 projets, lesquels ont été présélectionnés. Nous espérons que l’un d’entre eux, au moins, soit retenu. C’est vous dire, Monsieur le Wali, combien notre association est sensible aux questions de l’environnement et qu’elle est  motivée par le seul intérêt national.
Monsieur le Wali,
L’association KHADRA  a moins de 4 ans d’âge. Elle est présente dans le village ; elle répond toujours aux sollicitations émanant des services de la Wilaya lorsqu’il s’agit de s’investir dans des actions d’utilité publique. Nous avons hérité d’une décharge publique ; nous en avons fait une plantation de  2 000 arbres, dont des figuiers et des oliviers, un poumon d’air pour Sidi Ben Adda dans le futur. Nous avons créé un véritable pôle culturel qui demande à être soutenu par les pouvoirs publics. Tout en restant à votre entière disposition pour tout complément d’information, nous sollicitons votre compréhension et votre aide afin que l’association  puisse poursuivre dignement et efficacement sa mission.
En espérant que notre appel soit entendu, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Wali, l’expression de notre profonde reconnaissance.
Pour le Bureau de KHADRA,
Le Vice-Président,
M. Lourmil Miloud

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