La CGATA participe à un atelier international sur « Travailleurs et changement climatique –Construire une réponse syndicale dans la région MENA et Afrique »
By boudour On 17 oct, 2017 At 11:59 | Categorized As Non classé | With 0 Comments

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Du 15 au 16  septembre 2017 à Tunis, s’est tenu un atelier  ayant pour thème «  Travailleurs et changement  climatique –Construire  une réponse syndicale dans la région MENA et Afrique »,   organisé par la fondation Friedrich Ebert Stiftung, en collaboration avec la confédération syndicale internationale (CSI).

Pour cet atelier de nombreux syndicats d’Afrique, du Maghreb, du Moyent Orient ( Niger, Sénégal, Ghana, Afrique du Sud,Burkina Fasso, Algérie, Maroc,Tunisie, Egypte, Bahrein)  ont été convié à participer aux travaux, la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA) faisait partie des participants, et la seule organisation syndicale pour l’Algérie, présente à cette occasion.

Des experts du BIT, de la CSI, et de la CSA, ont animé les différentes sessions  de l’atelier de deux jours  qui  ont porté sur plusieurs points :

  • Changement climatique et ses effets sur la région MENA
  • Une approche syndicale au changement climatique
  • Gouvernance internationale du changement climatique
  • Evaluation des besoins, prise des responsabilités et regards vers l’avenir

En ouverture des travaux, les représentants de la fondation et les représentants de la CSA, CSI, ont souligné l’importance pour les syndicats d’Afrique et de la région MENA, d’aborder ces questions du changement climatique, de l’environnement  et cela pour mieux évoquer les impacts qu’il y aura sur les travailleurs. Le retard pris par les syndicats en Afrique sur cette question ont d’emblée était mis en avant et d’appeler à une prise de conscience, un travail de concertation  et la construction d’un front y compris avec la société civile, car la défense des travailleurs ne pourra se faire sans un développement durable.

La représentante de la CSA, a souligné dans son intervention d’ouverture, que le dialogue social, était un projet de la CSA, et cela avec les employeurs à qui il est demandé d’assumer leur responsabilité sociale.

Mais majoritairement les représentants des syndicats ont fait remarquer qu’il n’y avait pas dans les pays respectif de dialogue social avec les autorités, et la difficulté était de pouvoir influencer sur les politiques économiques et les différents programmes de développement et politiques énergétique.

Après les différentes communications sur « introduction à la science climatique/ changement climatique et ses effets sur le Maghreb/le lien entre changement climatique et l’univers du travail-…., les débats ont permit aux participants d’exposer leurs préoccupations.

Ainsi il a été question de la nécessité  pour les syndicats de s’engager sur de nouveaux modèles de développement, ceux à l’heure actuels ayant échoué. Le fait qu’il y ait une concentration de la richesse entre peu de main, doit pousser les syndicats à revendiquer un modèle de développement plus juste, d’autant que les changements climatiques auront un impact, sur le travail, la santé, les transports. La question soulevée sur l’impact du changement climatique en Afrique, et de ses conséquences a surtout amené majoritairement, à dénoncer le fait  que ce sont surtout les pays développés qui en sont les responsables, et qu’il n’est pas juste de demander aux pays Africains de s’acquitter des mêmes contributions financières que les pays pollueurs.

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La représentante de la CSI, à pour sa part reconnue que le mouvement syndical devait  prendre plus en compte la question du changement climatique car cela va transformer le monde du travail et impacter des millions d’emplois dans la région MENA. Mais les autres représentants des organisations syndicales CSA, ou du BIT, ont surtout mis l’accent sur la nécessité pour les syndicats de la région MENA, de réaliser qu’il fallait pour leurs pays  s’orienter vers  la transition dans les politiques de développement et une transition vers une économie verte, mais sans évoquer le fait que cela devait s’accompagner par plus de justice sociale et plus de travail décent. Ce à quoi LA CGATA a tenu à mettre a souligner que de parler et d’aller vers une économie verte, mais qui reste toujours basé sur le système économique   « de profit » cela ne permettra pas aux travailleurs d’avoir des emplois plus décent et de défendre leurs droits.  L’économie verte doit être aussi et surtout, une politique de développement plus juste pour les plus défavorisés dans les populations, et la défense des services publics, permettant l’accès aux soins, aux transports et à l’énergie.

Ceux à quoi réplique la représentante de la CSI, que le mouvement syndical doit aborder tout ces défis, et demander un engagement sur des politiques de développement plus juste avec moins de précarité, reconnaissant encore les différences qu’il y avaient au sein de la CSI, entre des syndicats plus engagés plus révolutionnaire et d’autres plus dans la participation et l’accompagnement.

Au terme de la première journée de l’atelier il a été ainsi demandé et souhaité  que le mouvement syndical devait lutter pour  1-réduire les impacts sur les plus vulnérable-2- augmenter la participation des syndicats lorsqu’il s’agit de l’Afrique et être présent aux négociations dans les grands rendez vous sur les changements climatiques-3- sensibiliser sur les causes et les impacts socio-économique du changement climatique.

  • Dans l’après midi il a été demandé à chaque participant de dresser un inventaire de  leurs besoins et priorités et programme dans le cadre  des différentes actions à mener chacun dans leur pays, pour travailler sur des plaidoyers et sensibiliser sur les impacts du changement climatique pour les travailleurs.

La CGATA, a évoqué ce que subissent les syndicats autonomes en Algérie : pression, intimidation, et des condamnations judiciaires et incarcération en demandant que la CSI, la CSA et le BIT se devaient de façon plus vive de dénoncer les menaces qui pèsent sur les syndicats composant la CGATA et la les libertés syndicales en générale. Il a été aussi demandé plus d’appuis et plus de formation pour les militants syndicaux souvent jeunes, et ainsi que la possibilité d’appuyer des enquêtes et études par des experts.

Lors de la deuxième journée, des communications par des économistes ont été présentés ainsi que par des experts sollicités par FES.

Les thèmes étaient :

 1 -Transition énergétique, transition juste et réforme du marché du travail : Potentiel pour création d’emploi

 2-Présentation du projet : Politiques économiques pour un développement socialement juste

Les données statistiques fournit par la représentante du BIT (Afrique du Sud), ont montré, que les changements climatiques extrêmes, comme la sécheresse vont affecter de nombreux emplois et que l’économie verte pourra créer de nouveaux emplois (60 millions) mais cette dernière n’a pas évalué le nombre d’emploi perdu et cela combien, de familles, de travailleurs seront touchés.

Un constat qui vaut aussi pour les économistes ayant intervenus à partir d’étude de cas sur la Tunisie par exemple, et qui ont évacué  « le travail décent et plus juste ».

Pour le mouvement syndical et la réflexion devant être engagée  est de s’assurer que les politiques de développement, les choix des gouvernants soient pris pour protéger les travailleurs, dira la représentantes de la CSI.

D’autres représentants de syndicats ont aussi appuyé cette nécessité de transition plus juste, que celle-ci soit faite dans le service public mais avec le maintien du service public, et donc revoir les modèles de développement.

Mais dans ce contexte général il a été fait remarquer  que pour nombre de pays de la région MENA et surtout en Afrique, la corruption, l’absence de démocratie ont influé sur les choix des politiques, la mauvaise gouvernance ayant conduits aux inégalités, et à la précarité des travailleurs et des populations. Le changement climatique est aujourd’hui un défis supplémentaire pour les travailleurs et le mouvement syndical, qui doit intégrer cette situation et les transformations que cela va engendrer pour les personnes les plus vulnérables dans des secteurs sensibles comme l’agriculture, les transports, la santé.

Rédaction.

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