Carence mortelle dans les « Permis de Construire » en Algérie :
By boudour On 4 nov, 2017 At 10:06 | Categorized As Actualités, Infos_show | With 0 Comments

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Quand vont s’arrêter les accidents provoqués par les promoteurs immobiliers.

 L’effondrement partiel de l’immeuble sis au 7 Boulevard de Canastel (Bd Djellat Habib), dans le quartier de Gambetta à Oran, ne devait jamais se produire de cette manière déconcertante, conséquence directe d’un mélange explosif d’irresponsabilité, d’inconscience et d’insouciance professionnelle. La responsabilité n’incombe pas uniquement au promoteur ou bien à l’entrepreneur chargé des travaux, mais le problème est plus profond, il est d’ordre réglementaire.

 

Un promoteur immobilier à Oran, armé d’un « Permis de Construire » délivré par l’autorité de la Commune d’Oran, a creusé à tête baissée, à coups de pelles mécaniques et de marteaux compresseurs, une excavation (un trou) de plus d’une dizaine de mètres de profondeur, et ce au raz de plusieurs immeubles mitoyens, dans le quartier dense de Gambetta, provoquant sans surprise, la chute d’une partie d’un immeuble de trois étages.

 

Dans le domaine des Travaux Publics ou de l’Hydraulique, c’est à partir d’un mètre et demi de profondeur, qu’une fouille devienne problématique, car à cette profondeur aussi petite que ça semble être, le danger d’effondrement et le risque d’ensevelissement de personnes devient évident, d’où la nécessité à tout bon entrepreneur de mettre en œuvre les dispositions techniques idoines pour palier au risque d’éboulement. Malheureusement, ce n’est pas le cas dans le domaine de la Construction et de l’urbanisme en Algérie, comme nous le constatons en évidence dans le décret exécutif n°15-19 du 25 Janvier 2015, fixant les modalités d’instruction de délivrances d’actes d’urbanisme, notamment dans son chapitre III, relatif au « Permis de Construire ».

 

En effet, la demande du « Permis de construire » telle qu’elle ressort dans le décret sus-cité, doit être accompagné uniquement de trois dossiers : Administratif, Architectural, et en dernier lieu – Génie-civil. Dans cette dernière partie confiée à l’Ingénieur, le texte de loi l’oblige à entreprendre que les études de dimensionnement de la structure et de ses éléments, et à aucun moment il n’est fait référence à la « partie des terrassements ». Alors que dans souvent des cas, les travaux de terrassements, sont plus complexes que le projet lui-même, et exigent une attention très particulière en études et en réalisation, faisant intervenir des laboratoires d’études de sols, des bureaux d’études spécialisés, et à coup sûr des sociétés spécialisées en travaux spéciaux, notamment dans le cas de construction prévue avec plusieurs niveaux de sous-sols, ou bien dans le cas  de présence d’un terrain de mauvaise portance, ou tout simplement,  lorsque le projet est implanté dans un site fortement urbanisé,  prévue avec une excavation assez importante.

 

C’est donc cette omission du Dossier « Terrassements », dans la constitution du « Permis de Construire », qui est à l’origine à plusieurs accidents occasionnés par des indélicats promoteurs.

 

Nous ne comprenons pas, comment le Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, n’a pas encore eu le reflexe de bétonner le dossier du « Permis de Construire », par l’implication de Géotechnicien au même titre que celui de l’Architecte et de l’Ingénieur en génie-civil. Apparemment aucune leçon n’a été retenue, aucun retour d’expérience, malgré tous les effondrements de rues et de désordres causés aux bâtisses, par le fait de travaux d’excavation de certaines promotions immobilières, ici à Oran et ailleurs ?

 

Si l’excavation réalisée par le promoteur au quartier Gambetta ne s’est pas transformée en une fosse commune pour les habitants de l’immeuble N°7 et à ses propres employés, c’est juste un coup de chance, une baraka de l’immeuble Colonial en question, qui a bien voulu s’effondrer tout en donnant à ses occupants un laps de temps pour s’auto-expulser et de sauver leurs vies.

 

L’effondrement de cette immeuble et les familles jetées dans la rue, auraient pu être évité, il fallait juste avoir un « Permis de construction » complet et rigoureux.

 

Fouad HASSAM

 

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