L’agriculture est une affaire trop rentable pour la confier aux gouvernements des Etats-Nations !
By admin On 12 nov, 2017 At 06:05 | Categorized As Actualités, Infos_show, International | With 0 Comments

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Par Ghalem BOUHA

Pendant deux heures, les présents à la conférence donnée par Sofiane BENADJILA1 sur «la souveraineté et la sécurité alimentaire» au siège de la LADDH/SNAPAP à Oran en ce samedi 11 novembre,  sont restés suspendus à ses paroles  et aux graphes chiffrés qui défilaient sur le data show tellement  ses dires étaient éloquents, instructifs  et parfois donnaient froid au dos pour plusieurs raisons.

D’une manière générale, les surfaces cultivables  pouvant nourrir l’humanité se raréfient  a travers le monde et particulièrement en Algérie. L’eau, aussi,  élément essentiel à la vie et aux plantes diminue d’une manière drastique.

Pour accroitre la production et les bénéfices agricoles, les exploitants ont recourt à l’extractivisme qui assèche les nappes phréatiques, appauvrit les sols par les pesticides et les engrais,  et paradoxalement affame les peuples déjà pauvres. Pis, ces éléments artificiels qu’on introduit dans le sol pour augmenter les rendements se retrouvent forcément inclus dans les aliments de notre assiette tels le plomb et autres éléments chimiques. Ainsi, la banane n’est plus une banane, le pain c’est du plastique et la tomate est une petro-tomate.

Sofiane BENADJILA en tant qu’expert agricole  s’est plutôt penché sur l’état de l’agriculture dans le monde car l’Algérie en dépend pratiquement à 100 %.

En effet, il s’avère que le monde agricole est un domaine très complexe où s’entremêle l’agronomie,  la géographie, l’hydrologie, l’énergie, la démographie, l’anthropologie humaine et culturelle, la biologie, la chimie, le machinisme, l’économie et surtout le lobbying des multinationales de la semence et des OGM.

A ce titre, cinq multinationales détiennent l’ensemble de la production mondiale de la semence dans les chiffres d’affaires dépassent de loin le budget de l’Afrique.

Les Etats-Nations y compris ceux des pays développés comme la France ne détiennent aucun pouvoir de régulation sur leur agriculture.

Pour ce qui est de l’Algérie et les chiffres communiqués par le ministère de l’agriculture, il s’avère qu’ils n’ont aucune crédibilité. Fort, heureusement, les spécialistes comme Sofiane BENADJILA s’appuient sur les chiffres des importations des produits agricoles et d’alimentation pour recouper la production agricole nationale. Ces recoupements révèlent que la production agricole, les terres cultivables et les ressources hydriques diminuent d’année en année.

Or, il est possible et les diverses études à travers le monde existent et qui prouvent qu’on peut produire autrement, sain et loyal tout en respectant l’écologie et la planète en introduisant de nouvelles techniques vertes.

Pour ce qui est de la politique agricole nationale, Sofiane BENADJILA à coup d’exemples, démontre que le ministère de l’agriculture navigue à vue et qu’il n’y a aucune étude sur les diverses régions d’Algérie, avec leurs spécificités climatiques, géographiques et économiques.

A titre d’exemple, dans le passé, le ministre a instruit à coups de subventions les 48 wilayas d’Algérie pour planter le pommier sans tenir compte d’aucune donnée de la région.

Même, les programmes de l’enseignement supérieur n’ont pas changé depuis l’indépendance et on continue à consacrer des volumes horaires importants par exemple à la vitiviniculture ou aux vaches laitières de la Normandie alors que les cours sur les palmiers dattiers ou les caprins sont minorés.

En conclusion, l’Algérie a aujourd’hui besoin d’une nouvelle politique agricole mais pour cela il est indispensable d’avoir un ministère de l’agriculture et d’un gouvernement.

1-Sofiane BENADJILA, ingénieur agronome, conseiller et expert auprès de l’union africaine.

Il est aussi, éleveur de caprins à Laghouat

 

 

 

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