Le ministère de l’intérieur répond aux ONG à propos des migrants en Algérie et accuse indirectement la main étrangère.
By admin On 11 avr, 2018 At 03:15 | Categorized As Actualités, Infos_show | With 0 Comments

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Dans une longue interview publiée aujourd’hui dans El Watan par Salima TLEMCANI, M. Hacene Kacimi. Directeur au ministère de l’Intérieur chargé de la migration répond aux ONG nationales et internationales à propos des traitements inhumains et les expulsions massives des subsahariens.

Le propos le plus marquant dans sa réponse est l’analyse sur les causes de la migration dans les pays subsahariens : « Ils évitent d’expliquer comment des pays aussi riches ont été pillés, minés par des conflits armés et réduits à la misère, à la famine et au sous-développement par des multinationales occidentales qui exploitent à fond leurs ressources ». Tout en omettant que la même analyse peut être appliqué au cas de l’Algérie où nous assistons depuis plus de deux décennies aux phénomènes des Harragas. Les jeunes algériens ont fui l’Algérie pendant l’embellie financière et que ces mêmes jeunes n’ont aucunement profité des richesses de l’Algérie qui sont partagées par une minorité de l’administration et de l’oligarchie.

M. KACIMI reconnait que nos frontières sont devenues des passoires et que les services de sécurité ne maîtrisent pas grand-chose puisque plus de 500 migrants traversent quotidiennement et allègrement nos frontières ; ce qui donne annuellement un arrivage de prés de 200 000 personnes.

Il accuse les réseaux de passeurs : « Nous savons que ces passeurs, dotés de quelque 14 000 véhicules de transport, particulièrement des tout-terrain, vivent de cette activité lucrative qui leur rapporte, d’après les données de l’OIM, 140 millions d’euros par mois. Une telle manne ne va pas totalement dans les poches des passeurs ».

Cependant, M. KACIMI semble ignorer la réalité de la migration en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye) car le but des migrants subsahariens est d’approcher la méditerranée à travers ces pays pour gagner l’Europe et s’ils s’attardent par exemple en Algérie c’est pour travailler un certain temps, amasser quelques euros et payer les passeurs soit par mer ou par la frontière terrestre avec le Maroc pour regagner les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila.

Il semble ignorer que les mêmes images et la même réalité des migrants existent chez nos voisins tunisiens et marocains et contrairement à l’Algérie, le Maroc a pondu des lois pour la régularisation des migrants et l’établissement de permis de travail. Les lois que les ONG nationales réclament depuis longtemps.

En attendant, les lois qui ne verront pas le jour de sitôt et entre deux expulsions, les travailleurs migrants se font exploiter en Algérie par le patronnât dans les chantiers de travaux, l’agriculture et les services sans respect les conditions d’hygiène et de sécurité, des horaires légaux et sans assurances sociales. Du coup, le code du travail disparait en Algérie :  « Ceux qui travaillent, même au noir, et qui ne posent pas de problème avec les lois de notre pays, ne sont jamais inquiétés ».

Evoquant, la relation de l’Algérie avec le HCR (Haut comité des réfugiés), il déclare : «  L’Algérie entretient de bonnes relations avec le bureau du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés).Les Subsahariens qui bénéficient du statut de réfugiés sont protégés par l’Etat ». Or, le dernier cas constaté dans le train entre Oran et Tlemcen et où il y avait un migrant rwandais détenteur d’une carte de réfugié établie en bonne et due forme et qui avait fait l’objet d’un embarquement par la police malgré ses réclamations.

Enfin et comme toujours, les maux de l’Algérie sont toujours dus aux facteurs externes selon M. KACIMI : « Nous pensons que ces opérations sont délibérées et bien organisées. Depuis quelques années, l’Algérie subit des pressions énormes pour la pousser à rouvrir les frontières aux millions de migrants clandestins, et faire de notre pays un réceptacle de la migration massive ».

Ghalem BOUHA

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