Nous étions menottés dans la voiture de police  au moment de l’accident…
By admin On 10 juin, 2018 At 01:07 | Categorized As Actualités, Droits de l'homme, Infos_show | With 0 Comments

conf

Après le non-lieu prononcé par le juge d’instruction prés le tribunal de Sidi M’Hamed Alger au profit du journaliste Said BOUDOUR et Noureddine TOUNSI, le 04/06/2018, la LADDH (Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme), bureau d’Oran a tenu à organiser une conférence de presse aujourd’hui 09/06/2018 à 13 heures en son siège à Oran 6 place Benabdelmalek RAMDANE (Ex Victoires) à l’effet d’informer et de dénoncer les conditions de leur enlèvement et leur arrestation par la police.

Avant de donner la parole aux deux concernés, Kaddour CHOUICH, vice-président de la LADDH  sans rentrer dans le détail de l’affaire dite de la « Cocaïne » car les deux militants n’ont rien à voir ni de prés et ni de loin d’une part et le dossier est en cours d’instruction d’une autre part,  a rappelé brièvement le scénario de l’enlèvement.

Puis, Kaddour CHOUICHA est revenu sur le contenu de l’interrogatoire qui est passé du judiciaire au politique.

Rappel des faits :

Enlèvement-kidnapping à la barbouze

Agissant jeudi soir et vendredi à une heure du matin c’est-à-dire le week-end et en dehors des heures de travail légales, les policiers arrivés d’Alger, en tout, six éléments, quatre de la police judiciaire d’Alger et deux de la cybercriminalité opérant en catimini se cachant dans les coins, et recoins, derrière les arbres et habillés en jeans et survêtements.

A 19 h 23 mn, ils appréhendent Said BOUDOUR devant le siège de LADDH en pleine rue et sans aucun respect à l’institution de défense des droits humains c’est pour dire à quel point, les policiers considèrent les droits de l’Homme en Algérie !

Quelques minutes, après, c’est au tour de Noureddine TOUNSI d’être suivi par véhicule et d’être enlevé pas loin de chez lui et a quelques minute du Ftour.

Les deux victimes de l’arbitraire sont emmenées ensuite  au commissariat central sans aucune explication et motif de l’arrestation sauf qu’ils sont informés de leur transfert à Alger.

Angoisse et psychose

Imaginez-vous l’inquiétude et l’anxiété qui se sont emparées d’exu car la forme de l’arrestation et leur transfert vers la capitale n’augurait rien de bon et donne du tournis à n’importe quelle personne.

Menottes et accident

Emmenés chacun dans un véhicule banalisé, ils sont menottés aux portières des voitures.

Avant d’arriver à Chlef et roulant a plus de 120 km heure, le premier véhicule avec à son bord Noureddine TOUNSI percute un chien sur l’autoroute et dérape gravement. Le véhicule est immobilisé in extremis avec tout l’avant du moteur détérioré.

Comme on dit, seul Dieu a préservé leur vie mais imaginez un instant si le véhicule avait fait des tonneaux et TOUNSI menotté ? Et, imaginez, si TOUNSI était décédé dans l’accident, qui aurait cru à un simple accident ? L’affaire aurait pris une autre tournure touchant à l’image de l’Algérie et de l’institution de la DGSN !

Les secours arrivent et le matin, les colis arrivent à Bab Ezouar chez la brigade de la police de la cybercriminalité dont le siège est attenant au commissariat du même quartier.

Cellules du moyen-âge

C’est dans des cellules froides d’une saleté inimaginable qu’ils furent enfermés avec des matelas pleins de vomis, de sang,  de plusieurs couches de crasses et des couvertures n’ayant jamais été lavées. Le tout agrémenté par une nuée de moustiques affamés  et l’atmosphère baignant dans une odeur nauséabonde.

L’interrogatoire

Plus d’une trentaine d’éléments de la cyber étaient mobilisés pendant plusieurs nuit et jours pour……

Un simple article écrit par des journalistes dans ALGERIE DIRECT, ALGERIE PART et JCA (Journalistes Citoyens d’Algérie) sur l’affaire dite de la cocaïne du port d’Oran.

C’est la montagne qui accouche d’une souris.

Cependant avec la médiatisation par la LADDH d’Oran et toute la presse nationale de l’enlèvement, cette arrestation a détourné les projecteurs des véritables criminels.

Du judiciaire au politique

Une fois, la lumière faite sur la question des écrits et des sources d’information, il s’est avéré que les deux arrêtés étaient hors de cause et innocents.

Commence alors, une autre enquête cette fois-ci politique non ordonnée par le procureur sur d’autres sujets relevant du militantisme des prévenus.

Said BOUDOUR est questionné une nouvelle fois par d’autres policiers relevant d’un autre secteur sur son travail au profit des migrants subsahariens, sur son rôle dans la constitution du nouveau syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique, sur ses voyages à l’étranger, au Maroc et en France et sur certaines personnes connues.

Quant à Noureddine TOUNSI, il fut emmené de la cellule vers d’autres bureaux pour être interrogé d’une heure du matin jusqu’au lendemain à sept heures, sur son activisme en tant que lanceur d’alertes corruption.

Pendant trois longues nuits et quatre longs  jours, les ex détenus ont vécu un dur calvaire digne de l’ex sécurité militaire.

N’oublions pas que deux journalistes MELAH Adnane et Bnehadda KHELLAF d’ALGERIE DIRECT sont toujours sous contrôle judiciaire sans mandat dépôt aussi pour un simple écrit journalistique.

Ghalem BOUHA

About -

comment closed