Tunisie: Accusé de corruption de musellement des libertés publiques et de mener une contre-réforme, le gouvernement Ennahda rejeté par le peuple
By admin On 17 août, 2012 At 10:33 | Categorized As Infos_show, Maghreb | With 0 Comments

Par Rayane Djerdi

Un front social tunisien qui s’embrase avec les violences de Sidi Bouzid et des militantes féministes en colère. Le gouvernement Ennahda de Rached Ghannouchi s’est ouvert plusieurs fronts à la fois et éprouve beaucoup de difficultés à gérer lé période de transition qui sera ponctuée par la révision de la loi suprême du pays. Des militants des droits de l’homme et des membres de la société civile affirment que le gouvernement islamiste d’Ennahda est en train de mener des pratiques qui leur rappellent celles de l’ancien régime. Musèlement des libertés publiques et de la liberté d’expression, gestion jugée douteuse de l’argent public, tels sont entres les griefs reprochés au gouvernement de Hamadi Jebali. Le dernier mécontentement en date, a été celui manifesté par l’Association tunisienne pour la transparence financière (ATTF) qui a dénoncé mercredi dans un communiqué la « gestion douteuse de l’argent public » par le gouvernement. « Au vu de la multiplication d’actes aléatoires qui nous rappellent les pratiques de l’ancien régime, notre association se trouve offensée par la légèreté avec laquelle nos gouvernants gèrent les biens et l’argent du contribuable », souligne l’association. L’ATTF cite à titre d’exemple le projet d’octroi à la société Qatar Petroleum d’une raffinerie « de gré à gré, sans appel d’offre, sans respect des lois en vigueur ni des règles de concurrence loyale ». Mi-juillet, le Qatar et la Tunisie ont signé un protocole d’accord sur ce point. « Un accord de principe a été signé. Des négociations sont en cours », a dit mercredi le porte-parole du ministère de l’Investissement et de la coopération internationale, Chokri Mahjoub, ajoutant ne pas « pouvoir répondre » concernant la nécessité d’un appel d’offre international au préalable. L’ATTF relève aussi un manque de transparence concernant la rémunération des élus tunisiens à l’Assemblée nationale constituante (ANC), un sujet qui a fait scandale dans la presse tunisienne. Elle a également accusé le parti du président Moncef Marzouki, le Congrès pour la République (CPR), d’avoir « dépensé l’argent du contribuable » sans « présenter les justificatifs », reprenant des critiques formulées dans un rapport de la Cour des comptes sur les dépenses de campagne du parti. La corruption et le népotisme sous le régime déchu font partie des causes de la révolution de 2011 qui a chassé le président Zine El Abidine Ben Ali. Les proches de son épouse, les Trabelsi, sont accusés d’avoir placé l’économie sous coupe réglée. Auparavant, des centaines de femmes ont manifesté à Tunis contre l’adoption, le 1er août dernier, par la commission droits et libertés de l’Assemblée nationale constituante (ANC) , de l’article 28stipulant que : «L’État assure la protection des droits de la femme, de ses acquis, sous le principe de complémentarité avec l’homme au sein de la famille.» La femme ne serait donc pas l’égale de l’homme et n’existerait pas si elle n’est pas mariée, s’offusquent les femmes tunisiennes qui ne comptent pas baisser les bras avant le retrait dudit article. Mardi dernier, environ 2000 opposants au gouvernement ont défilé à Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011, à l’occasion d’une grève générale dans cette ville du centre de la Tunisie, où la contestation semble gagner du terrain. La grève était très suivie. Seuls les bouchers étaient ouverts pour permettre aux habitants de s’approvisionner pour la nuit du destin (27e jour). .

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