La bataille de Sidi Ghalem : Livre de Fadela SAHRI
By admin On 10 juil, 2013 At 11:01 | Categorized As Actualités, Arts/Culture, Infos_show | With 0 Comments

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Par Ghalem BOUHA

Autant le saint marabout  Sidi Ghalem et la région dont elle porte le nom sont très connus à Oran et les environs de l’Oranie autant  ils sont méconnus à l’échelle nationale. Et pourtant Sidi Ghalem a été le théâtre en juillet 1956 d’une des plus glorieuses batailles de l’indépendance de l’Algérie à l’instar de tout le territoire national.

Livre d’histoire écrit dans un style romanesque, Fadela SAHRI nous livre la bataille de Sidi Ghalem après avoir dressé un état des lieux  géographique de ce versant nord de la chaîne du Tessalah avec ses tribus, ses familles, ses douars, ses sources, ses monts, ses chemins et sa végétation.

Après avoir esquissé l’histoire légendaire de ce saint marabout, Fadela SAHRI analyse le caractère fougueux de ces paysans de la montagne à l’image de leurs chevaux de race galopant dans la Mleta, cette plaine qui s’étend d’Oran jusqu’à Hamam Bouhadjar dans le piémont Temouchentois.

A proximité de Sidi Ghalem se trouve jusqu’actuellement la base aéronavale de LARTIGUES dans le village de Tafraoui. C’est cette cible militaire que le commandement de l’ALN choisisse d’attaquer un certain 19 juillet 1956 et de là survint la bataille qui durera trois jours où l’armée française y perdit plus de 300 soldats dont un colonel et plusieurs avions.

Par la suite la population connût d’affreuses représailles par des ratonnades, des exécutions sommaires, des emprisonnements et des disparitions enfin un véritable génocide.

L’histoire est très bien narrée qu’à notre avis, ce livre pourrait servir de scenario pour un film historique si toutefois il y aurait une décentralisation dans la gestion de la culture afin que les fils d’Oran puissent illustrer leurs hauts faits d’armes non pas pour glorifier notre révolution qui n’en a pas besoin mais pour faire sortir de l’anonymat tous ces résistants paysans et ces anciens combattants de la première et la seconde guerre mondiale qui après avoir déserté l’armée française ont rejoint les maquis et ont payé de leur vie.

Dans la deuxième partie du livre, Fadela SAHRI établit la liste des martyrs et anciens moudjahidine de la bataille de Sidi Ghalem puis ceux de Tafraoui, de Temezougha et oued Imbert ainsi que des portraits et des témoignages de ces acteurs de l’histoire.

Ce travail pourrait servir de base pour la confection d’un dictionnaire des résistants d’Oran comme le livre de Benjamin STORA « Le dictionnaire du nationalisme » ou celui de Lahouari TOUATI « le dictionnaire du syndicalisme » afin que l’on puisse identifier des appellations « anonymes » apposés sur des rues ou des bâtiments étatiques parce que  la jeunesse d’aujourd’hui continue à appeler les endroits par les dénominations héritées de l’époque française faute d’un travail de personnalisation historique de ces morts car mis à part leurs noms, ils avaient un passé, une histoire, une vie sociale et intime et des espoirs avant de passer l’arme à gauche.

Il faut se rendre à l’évidence que depuis l’indépendance, l’histoire officielle ne reconnait que le peuple qui est une notion abstraite comme héros comme si l’Algérie indépendante avait peur de ses martyrs de les voir revenir cette semaine et la blâmer sur le renoncement  aux idéaux de la révolution.

Toutefois, Fadela SAHRI désirant faire plaisir à tout le gotha oranais a fait glisser quelque personnalité qui à notre avis ne méritait pas de figurer dans le livre car elle n’a jamais tiré une balle et même elle n’a pas été présente en Algérie pendant la guerre de libération.

Edité à Dar El Gharb, cette ouvrage pourrait faire l’objet d’une autre édition mieux paginée où la mise en forme pourrait être mieux soignée car de nombreuses coquilles égrènent le livre gênant quelque peu la lecture.

Bibliographie de Fadela SAHRI

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