Virgules en trombe, Roman de Sarah HAIDAR (Article et vidéo)
By admin On 2 oct, 2013 At 07:54 | Categorized As Actualités, Arts/Culture, Infos_show, Vidéos | With 0 Comments

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Par Ghalem BOUHA

Sarah HAIDAR, journaliste et romancière a déjà écrit quatre romans dont trois en arabe et un en français. Les romans en arabe sont le premier « Zanadika » (Apostats) édité en 2004 a reçu le prix Apulée (2005) de la bibliothèque nationale d’Algérie, le deuxième c’est « louaab el mihbara » (La bave de l’encrier) publié en 2005 entre Alger et Beyrouth et le troisième «Shahqat el faras » en 2006 toujours entre Alger et Beyrouth.

Né en 1987, Sarah n’a que 26 ans et on dirait qu’elle a mille ans et ce n’est pas  pas par le poids des années mais pour tout cet héritage littéraire, culturel et imaginaire qu’elle nous livre avec bonheur dans son dernier roman « Virgules en trombe ».

Le livre tient la promesse de son titre par un torrent de verbes et de virgules. Les mots, elle les dompte, il suffit qu’elle les appelle, ils arrivent dans un désordre serré pour se ranger, s’incruster et servir sa prose plutôt sa poésie tellement la limite entre les deux est très infime.

Pour l’histoire, il y a les histoires de son personnage central qui au fil de la lecture cède sa place à chaque fois à des seconds rôles qui deviennent par la magie de la narration acteurs principaux avec leurs autres histoires.

D’entrée on découvre la  littérature dans toute sa beauté et son esthétique. Tantôt, c’est du Charles BUKOWSKY avec son style débridé et décalé, ses beuveries et ses gros mots, tantôt un Fellini dans huit et demi à la recherche de son scénario mais dans le cas de HAIDAR c’est toujours un texte, un livre ou un mot et tantôt un Luis BUNUEL dans son surréalisme du « chien andalou »   où un couple se désire, se déchire et s’entre-déchire.

Et parfois, il y a de l’humour  woodyen comme cette phrase : « L’amour c’est beau surtout quand il est ridicule » ou de l’humour noir comme « Je suis né dans l’étroitesse de deux virgules gravées sur le corps de ma mère, rouée de coups avant d’accoucher du sacrilège ».

Sarah qui s’est toujours tenue à distance de la politique (politicienne) et les idéologies, n’a pu s’empêcher d’égratigner  tout ce beau monde : « Vous avez écrit dans une histoire que Dieu était une pute sur le retour, que la prière était un film pornographique adouci, que nos dirigeants étaient tous des nécrophiles qui pratiquaient des rituels cabalistiques au palais présidentiel chaque année, le 27 ramadhan plus précisément, que les enfants violés en silence…. et qu’enfin notre président couvait une MST dégénérescente qu’il s’arrange à refiler à tout le pays ».

Tout ça pour dire qu’avec ce roman, on peut avancer aisément qu’un auteur est né avec son style propre c’est le style haidarien que les étudiants pourront étudier dans les écoles mais c’est surtout la confirmation d’une femme écrivaine algérienne et universelle qui écrit je crois pas seulement pour les algériens mais pour l’Homme avec un grand H car son livre est intemporel et n’a pas de géographie précise comme dirait Marcel Khalifa « koulou kouloub ennassi jenssiyati »( tous les cœurs des gens sont ma nationalité).

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