Voyage d’Oran à Skikda : Reportage avec vidéo
By ghalem bouha On 31 oct, 2013 At 05:35 | Categorized As Actualités, Arts/Culture, Infos_show, Vidéos | With 0 Comments

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Par Ghalem BOUHA

Bien sur, Skikda la ville fleuron de l’industrie pétrolière manque d’aéroport. Pour y aller nous prenons le vol Oran-Annaba sur ATR. Après 1 h 40 mn, nous atterrissons sur le tarmac de l’aéroport Rabah BITAT où Amar et Wahid deux amis annabiens nous attendaient pour nous véhiculer jusqu’à Skikda distante de 85 km.

Hospitalité oblige, ils insistent pour nous convier à diner. Nous acceptons leur invitation sans grande difficulté, histoire de revoir et de se retremper dans l’ancienne Hippone ou Lalla « Bouna ». En entrant dans la ville, nous passons à proximité de la basilique Saint-Augustin qui vient d’être restaurée. Juchée sur une petite colline, la cathédrale domine Annaba en flamboyant de mille feux.

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En ce jeudi soir, le front de mer grouille de badauds, de flâneurs et de familles attablées le long de cette grande promenade qui n’a rien à envier à celle des Anglais à Nice et je dirais qu’elle est plus belle même que le font de mer d’Oran.

Nous allons ensuite à Chappy, une sorte de square truffé de nombreux restos sympas et autres snack-salons. Nous optons pour le Pacha qui dispose au rez-chaussée d’une grande salle de restauration assez classique ornée de colonnes habillées de glaces, d’une salle de détente au premier étage et d’une boite de nuit au deuxième étage, enfin tout pour permettre à un touriste de passer de bons moments.

Notre choix se porte évidemment sur le poisson, normal nous sommes dans une ville côtière. Le maitre d’hôtel nous conseille une dorade,  une sole en papillote, des merlans grillés et comme entrée,  des crevettes aux herbes vertes.

Après le diner, nos hôtes insistent une nouvelle fois pour qu’on passe la nuit à Annaba en nous alléchant d’une soirée à la rose des sables, un endroit huppé où il y avait à l’affiche Cheb Nani et cheb Azzedine. Tout en promettant de revenir à Annaba, nous étions décidés à rentrer  et nous arrivons vers minuit à Skikda où nous attendait Alilou un skikdeen très fier de sa ville qu’on a trouvé un peu déçu de ne pas manger chez lui car il avait préparé un stock de calamars, de rougets et de merlans.

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Ce poisson n’a rien perdu pour attendre car le lendemain, nous avons passé la journée du vendredi d’habitude si triste à déguster les rougets et merlans sur la braise et le calamar farci sous l’ombre des parasols, allongés sur des hamacs. Que demande le peuple ?

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La brioche, les croissants et pains au chocolat nous sont servis le matin accompagnés d’autres pâtisseries  skikdeenness car on y déguste parait-il les meilleurs mille-feuilles et les meilleures pizzas d’Algérie mais malgré ce festin, nous étions pressés de manger les sardines de Skikda.skikda bouffe pizza2

Hélas, point de sardines véritables le lendemain samedi seulement des sardines-aiguille avec une rate de veau farcie aux foies de poulets.

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Faisant un tour dans la ville, on découvre une cité très charmante avec de beaux restes de l’époque coloniale dominé par un port et une mer trop présente et incontournable cependant les jeunes ne sont pas du tout contents de la gestion des autorités locales.

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Ils considèrent à juste titre que Skikda est très riche financièrement de par les taxes pétrolières et que les autorités ne font rien pour développer la ville. Avant, on disait qu’à Skikda, le poisson meurt de vieillesse faute de moyens de pèche et qu’actuellement l’argent se meurt dans le trésor public faute d’un exécutif à la hauteur de l’ambition de RUSSICADA l’ancien comptoir romain.

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Ce sentiment de frustration par rapport à la richesse existe dans toutes les régions pétrolières qu’on a visitées comme Arzew, Bethioua, Laghouat et Hassi Messaoud.

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Justement, la maison de notre ami Alilou où on logeait se trouve dans un quartier résidentiel situé sur une colline difficile d’accès, surplombant du coté du nord la mer avec une vue imprenable sur le port et le golf de Skikda. De jolies maisons cossues sont construites mais les chemins et les ruelles sont dans un état lamentable et empoisonnent le quotidien des habitants.

On a beau  leur dire que la situation des villes algériennes est la même partout mais ils n’en démordent pas que Skikda est la plus défavorisée en Algérie en  avançant l’argument de la pollution du complexe pétrochimique. En effet, sur le plan de la gestion de la zone industrielle, les responsables sont d’un « je m’en foutisme » légendaire car chaque année la raffinerie connait une explosion grave contrairement à Arzew sans parler de la non-maitrise des rejets industriels très toxiques.

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Le vendredi après-midi, nous partons visiter la grande plage en passant par Stora et en escaladant une forte pente à l’image du mont Murdjajo à Oran sauf qu’à la différence, cette montée est très pénible en raison de l’étroitesse des routes et de leur dégradation. 

skikda routes defoncées2Une fois arrivés tout en haut sur le grand plateau dominant le golf de Stora vers l’Est nous redescendons vers le Nord-Ouest pour enfin atteindre cette grande plage qui à nos yeux mérite plus de considérations vu ses indéniables atouts touristiques. Et, pourtant, les familles, les couples et les jeunes étaient au rendez-vous sauf les investissements publics adéquats.

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Le Samedi suivant, nos hôtes nous gâtent avec une sortie en mer dans le golf de Stora. Après un contrôle formel des gardes frontières, nous prenons le large vers Collo et là, nous découvrons Skikda coté mer et c’est tout une autre beauté.

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Nous passons à coté de phares, d’ilots, de plages et de calanques.

Le soleil tapant à la verticale scintillait à la surface de l’eau azurée organisant une symphonie de lumières inouïes.

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Au retour  et en quittant Stora, je vois un couple la main dans la main traversant l’embarcadère s’en allant amoureux sans soucis avec le cœur plein d’espoir dans une Algérie plus prospère et plus juste.

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Je souris avec admiration…

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Avant de rentrer, nous n’oublions pas de rendre visite à Azzou un personnage emblématique de Skikda et d’une époque révolue qui occupe une belle demeure construite sur un rocher. Il a 75 ans et se porte comme un charme. Il nous accueille avec des bras ouverts, musclés et tatoués qui racontent long sur sa jeunesse dans la ville et son passé en France.

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Comme cadeau de bienvenu et sachant que nous étions oranais, il nous gratifie de « Nebghik, Nebghik » de M’hamed Benzerga ce précurseur de la chanson oranaise disparu en 1956 dans un accident de moto et enterré à Alger puis il remet ça avec Cheikh Hamada cet autre monument de la chanson bédouine comme quoi les belles choses s’apprécient partout. Nous regardons ensemble le match Barça-Real atour d’un diner bien arrosé.

AZZOU CHAT2

Le dimanche, pour prendre l’avion  d’Oran, nous sommes obligés de gagner Constantine par route sur une distance de 80 km par un fourgon taxi, climatisé et spacieux. La pénétrante  vers l’autoroute Est-Ouest est en cours d’achèvement et traine en longueur depuis pas mal de temps à cause d’un maudit tunnel qui leur donne du fil à retordre. Même arrivés au niveau de l’autoroute Constantine-Annaba qui n’est ouverte que dans un seul sens, les travaux aussi laissent à désirer et COJAL l’entreprise japonaise en charge des travaux s’avère être une société sans compétences particulières dans les mégas projets sauf pour Amar GHOUL l’ancien ministre des travaux publics qui s’enorgueillit lors des dernières élections législatives de la réalisation du siècle qui je crois mettra 100 ans avant de voir le jour au rythme où vont les choses.

 Voir vidéo ci-dessous

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