Traduits en justice pour avoir pris un café à Ghardaia (Communiqué), LADDH
By admin On 14 jan, 2018 At 09:17 | Categorized As Actualités, Communiqués, Droits de l'homme, Infos_show | With 0 Comments

café

Communiqué 02 – 18

Acharnement judiciaire contre les défenseurs des droits humains

Le Bureau national de la LADDH informe l’opinion publique que le Président et le Porte parole du MSD (mouvement démocratique social) Messieurs Hamid FERHI et Fethi GHARES, le Vice-président de la LADDH Mr Kaddour CHOUICHA, deux membres du Conseil National de la LADDH Messieurs Ahmed MANSRI et Abdelkader KHERBA ainsi que Monsieur Nadir DABOUZ ont été convoqués pour le 06/02/2018 pour être traduits en justice au niveau du tribunal de Ghardaïa pour : incitation à attroupement non armé, atteinte à corps constitué et non respect d’une décision administrative.

Le Bureau national rappelle qu’en date du 13/07/2016 Me Salah DABOUZ président du bureau national de la LADDH avait été convoqué pour être entendu par le juge d’instruction près le tribunal de Ghardaïa suite aux poursuites engagées contre lui par le parquet de Ghardaïa.

Les personnes citées avaient alors fait le déplacement à Ghardaïa pour témoigner de leur solidarité avec Me Salah DABOUZ et c’est lorsqu’elles étaient attablées dans un café que la police est venu les embarquer pour les traiter comme des malfrats.

Après bien des heures le responsable de la police a tenu à présenter ces excuses pour ce qui s’est passé « arrestation de personnes attablées dans un café en les accusant d’attroupement ».

Voilà maintenant que la justice ne trouve rien à faire que de convoquer ces personnes pour reprendre les mêmes accusations.

La LADDH dénonce cet acharnement judiciaire qui ne se cache même pas et constate que cela advient après la convocation de l’avocat défenseur des droits de l’homme Me Noureddine AHMINE au sein de la même cour pour être jugé sur des faits en relation avec sa fonction d’avocat et qui n’ont rien à voir avec la criminalité.

Le Bureau national rappelle que: – Une plainte avait été déposée contre le Wali de Ghardaïa pour les propos qu’il avait tenus en plein siège de la Wilaya en date du 31/07/2016 propos qui prouve la non indépendance de la justice, plainte non traité jusqu’à présent. – Une plainte avait été déposé contre le procureur général près la cour de Ghardaïa traité par le prévenu lui-même (le procurer général de Ghardaïa) qui a décidé de son classement en violation de la loi. – La même justice a refusé de convoquer et d’entendre ceux qui avaient avancé des informations graves sur les évènements douloureux qu’avaient traversés la ville de Ghardaïa (Messieurs ; OUYAHYA, TOUFIK et SAADANI). – Et que cette justice a refusé de traité des plaintes contre des fonctionnaires de polices et des éléments de la gendarmerie déposées par des victimes au parquet de Ghardaïa pour crimes commis par des fonctionnaires d’Etat en service.

Le Bureau national dénonce cet acharnement judiciaire et l’instrumentalisation de la justice contre ceux et celles qui refusent l’instauration d’un pouvoir sans contre-pouvoir et le déni de justice en protégeant des fonctionnaires d’Etat contre toute poursuite alors qu’ils commettent des crimes.

La LADDH sait que tant que le conseil supérieur de la Magistrature restera entre les mains de l’exécutif, il est faux et vain de croire en l’indépendance de la justice. Cela ne l’empêchera pas de continuer à militer pour les droits de l’homme en général et les droits des défenseurs des droits de l’homme en particulier.

Alger le 13/01/2018

pour le bureau national de la LADDH

le president Me Salah DABOUZ

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